La régression, thérapie des vies antérieures

Posted by on Oct 5, 2013

La régression, thérapie des vies antérieures

Par Frantz Amathy

Ne vous est-il jamais arrivé de ressentir des peurs, de grands troubles intérieurs, des émotions inexpliquées face à des situations très banales de la vie ? N’avez-vous jamais été submergé par des vagues émotionnelles négatives, systématiques et à priori injustifiées devant certaines images, sons, idées, personnes ou expériences… réactions émotionnelles qui vous handicapent et compliquent votre existence tout entière ?

Si c’est le cas, sans doute vous trouvez-vous assailli par des mémoires traumatisantes en provenance du passé – comme c’est le lot de chaque être humain. Ces mémoires que les « thérapies de régression » se proposent d’emmener vers la guérison. mère, craignant bien sûr qu’elle me dise que j’avais perdu la raison…

Si quelques hommes ou femmes se souviennent naturellement de leurs vies antérieures, la plupart des gens ont totalement oublié leurs incarnations précédentes. En venant au monde, chacun d’entre nous a plus ou moins perdu la mémoire. D’où venons-nous ? Qui étions-nous auparavant ? Quelles ont été nos expériences passées ? Très peu s’en rappellent clairement, mais chacun en porte cependant  les traces, inscrites au coeur même de son subconscient.

A différentes occasions, certaines expériences douloureuses du passé peuvent être réactivées et ressurgir dans notre vie présente. Il suffit pour cela qu’un lieu, une image, une personne, une situation nous rappelle un traumatisme enfoui, pour que celui-ci refasse surface sous forme de blocage émotionnel, d’obssession, etc.

Ce procédé de « programmation » et de « stimulus-réaction » est le même que celui que nous pouvons expérimenter au fil de notre vie présente : imaginons une femme qui, lorsqu’elle n’était qu’une petite fille de 2 ans se serait fait agresser sexuellement par un adulte, par exemple. En raison de son jeune âge et de la profondeur du traumatisme, de l’incompréhension totale de son expérience douloureuse, supposons qu’elle ait effacé cette période de sa mémoire consciente en grandissant, pour se protéger. Une fois adulte, cette femme développera une peur inexplicable des hommes et une aversion profonde de la sexualité. Cela gâchera totalement sa vie de femme et de famille sans qu’elle en comprenne la raison.

En ce qui concerne les traumatismes rencontrés dans les vies antérieures – que la philosophie hindoue nomme « Samaskaras » – le fonctionnement est exactement le même. Que le traumatisme remonte à quarante ans ou à cinq cents ans ne fait pas de différence. Si celui-ci n’a pas été réglé, digéré et guéri par des prises de conscience lors des différents passages sur terre, il peut ressurgir à tout moment, sous formes d’émotions irraisonnées, de somatisations diverses, de déséquilibres psychologiques et psychiques.

Il se peut, par exemple, que quelqu’un soit sans cesse assailli par des pensées telles que : « je suis inutile dans ce monde » ou « personne ne m’aime », ou encore « tout le monde m’abandonne ». Dans ce cas, l’être qui a traversé le voile de la vie et de la mort un grand nombre de fois reste coincé dans cette pensée particulière et ne parvient pas à en sortir. Il ne le peut, à moins d’accomplir un véritable travail sur lui-même.

Témoignages

 

Etude de cas – « Mary était une femme de vingt-quatre ans, traversant une phase de dépression intense. Elle se maria lorsqu’elle avait dix-huit ans, mais se montra incapable de rester fidèle à son mari. Elle eut son premier amant après dix-huit mois de mariage et un autre cinq mois plus tard, ce qui brisa son mariage. Alors elle perdit la possibilité d’agir clairement. Elle commença à passer d’un homme à un autre, multipliant les expériences courtes et superficielles, ce qui la laissa de plus en plus anéantie. Voici le récit de l’expérience clef qu’elle eut au cours de l’une de ses régressions :

Quelle est la sensation maintenant ? – Froid. Terriblement froid.

Froid à l’intérieur ou à l’extérieur ? – Les deux.

A quoi ressemble ce qui est autour de vous ?

– C’est humide. C’est froid, froid, froid… fait de pierres. Je peux voir ce grand bâtiment fait de pierres et c’est… terrible, pire que tout. C’est si froid… Je ne voulais pas venir ici. Ou peut-être je l’ai voulu, mais maintenant je ne veux plus y rester.

Qu’est ce qui arrive dans ce bâtiment?

– C’est un couvent. J’y suis enfermée à clef. Je veux m’en aller. C’est affreux, comme si le froid de l’extérieur me gelait le cœur. Personne ne fait attention à moi. Personne ne sourit. Quelquefois je pleure, mais je suis tout à fait seule. Quelquefois je ne peux même pas pleurer, je suis comme morte…

Vous arrive-t-il de ressentir le même froid dans votre vie actuelle ?

– Oh! Oui. Quand j’ai besoin de quelqu’un pour prendre soin de moi. Sincèrement je veux juste de la chaleur et rien d’autre.

Mais cette sensation, est-elle la vôtre ou celle d’une femme enfermée dans le couvent ?

– C’est la sienne. Cela vient d’elle. Mais alors cela vient vers moi… Cela devient la mienne.

La prochaine fois quand cela viendra vers vous, pourriez-vous reconnaître que c’est son feeling et non pas le vôtre ?

– Oui, c’est tout à fait clair. »

« Cet exemple est tout à fait typique d’un samskara venant d’un passé lointain qui interfère avec la vie quotidienne de quelqu’un. Mary n’a jamais séjourné dans un couvent durant sa vie présente. Cependant, depuis son enfance, elle a exprimé des sentiments très mélangés lorsque la vie contemplative était concernée. Elle était tantôt attirée et tantôt terrifiée par elle. Graduellement, son attirance vers la vie religieuse devint une plaisanterie pour tous ses amis qui connaissaient la vie de mœurs légères qu’elle menait. »

Etude de cas – Femme âgée de trente ans lors d’une régression.

« Que ressentez-vous ?

– Je peux voir la maison. Elle est faite de matériaux légers. Les couleurs sont réellement différentes de celles que je connais. Je n’ai jamais vu des couleurs comme celles-ci avant. Il y a beaucoup plus de teintes jaunes et orange. Je vois une belle femme avec de longs cheveux noirs. Elle paraît japonaise. Elle est debout à la porte et regarde dehors.

Que fait-elle ?

– Son mari est parti, il l’a laissée. Et sa vie s’arrête là. Elle sait qu’elle ne le reverra plus. C’est fini. Ce n’est même pas de la douleur, c’est pire que cela. Elle est anéantie. Ses fonctions vitales se sont arrêtées. »

« Dans cette régression un samskara majeur (être abandonnée) est dévoilé. Dans sa vie présente, quand cette femme a été abandonnée par un homme, sa souffrance fut insupportable car la détresse de la femme japonaise se superposait à ses ‘propres’ réactions. Sa peine se manifesta sur deux niveaux, mais elle ne pouvait pas le voir jusqu’à ce qu’elle passe au travers du processus de la régression. Tout ce que l’on ne peut pas voir est dix fois plus douloureux, car il n’y a aucun moyen de le comprendre. Être abandonnée était pour elle comme tomber dans un trou sans fond, s’enfoncer dans la souffrance au-delà de toute possibilité de rationalisation. »

Extraits de : « Régression, thérapie des vies antérieures pour une libération, ici et maintenant » par Samuel Sagan, Dr en Médecine.

Comment se crée un Samsakara ?

Comme nous l’avons vu dans les exemples précédents, un samskara est généré lors d’un vécu traumatisant, d’une souffrance, d’un choc psychologique. Imaginez que vous ayiez été attaqué(e) au coin d’une rue, en pleine nuit, par un groupe de jeunes gens armés de couteaux. Imaginez également que vous ayiez ressenti une grande frayeur et que vos agresseurs vous aient volé le contenu de votre portefeuille, ou pire encore, vous aient grièvement blessé(e).
Suite à cette expérience,

– A chaque fois que vous repasserez dans ce lieu ou dans cette rue, vous ressentirez une appréhension, un malaise, voire une peur.
– Vous ressentirez également une frayeur lorsque vous marcherez dans une rue la nuit, ou pire encore, à chaque fois que vous circulerez dans le noir. Vous aurez alors développé une phobie de l’obscurité.
– Vous craindrez les rassemblements de jeunes gens et aurez des difficultés à passer devant un groupe assemblé dans la rue. Peut-être aussi ne supporterez-vous plus la présence des jeunes en général…
– Vous risquez d’être troublé(e) à chaque fois que quelqu’un manipulera un couteau près de vous

Ces symptômes, ces cicatrices psychologiques pourront s’effacer avec le temps ou grâce à un travail sur vous-même – notamment d’éveil de conscience. Néanmoins, selon l’intensité du choc vécu et des dommages subis ; selon la profondeur du traumatisme, ils pourront aussi rester gravés en vous de manière irrémédiable. C’est ce que l’on appelle un samskara.
Avec les années, ces « noeuds psychologiques » auront tendance à être intégrés dans votre subconscient sans avoir été véritablement digérés, guéris.

Les samskaras s’impriment au niveau du corps émotionnel ou « astral » et traversent le voile de la mort avec nous.
Lorsque nous nous réincarnons, il suffit que les conditions favorables soient mises en place, par une situation, une image, une parole, et le samskara est réactivé. De tels désordres psychologiques peuvent nous suivre pendant plusieurs vies ou ressurgir après un très long chemin.
D’ailleurs, lorsque l’on commence à travailler sur soi pour éveiller sa conscience, on remarque que tout ce qui était enfoui a tendance à remonter à la surface.
Ainsi, celui qui cherche Dieu n’a d’autre choix que de régler progressivement tous ses problèmes, d’arracher toutes les mauvaises semences de son jardin et de nettoyer sa maison (ses corps physiques et subtils).

La régression, un remède qui fonctionne

Vu le nombre d’incarnations que chacun d’entre nous a traversé, notre corps astral est empli de samskaras et de traumatismes liés aux vies passées ou à notre incarnation présente. Certains d’entre eux ne nous empêchent pas de mener notre barque et de progresser, et d’autres sont capables de nous pourrir l’existence.
Ces « noeuds » psychologiques ont également tendance à renforcer le pouvoir de la personnalité ou du « petit moi », à nous enfermer dans des prisons illusoires et à nous couper des dimensions plus élevées de notre être.
La technique de la régression dans les vies antérieures est en plein essor depuis quelques années et son utilisation est de plus en plus aisée. Elle peut se pratiquer sous hypnose – dans laquelle le patient reste maître de lui-même et reçoit juste une aide pour explorer ses propres profondeurs… ou dans un état de relaxation profonde guidée.
Les techniques mises au point sont de plus en plus fiables, sécurisantes et accessibles au plus grand nombre. Elles donnent des résultats souvent stupéfiants et sont employées par trois catégories de personnes dans trois cadres différents :

– Les psychothérapeutes – qui trouvent à travers cette exploration de la conscience, un système de traitement des désordres psychologiques et psychiques beaucoup plus efficaces que les techniques traditionnelles : psychanalyse, analyse, etc.
– Les chercheurs spirituels – qui, par cette science de la régression apprennent à mieux se connaître, cultivent un détachement par rapport à l’idée de la mort et de la naissance, pacifient leur mental et nettoient leur temple intérieur.
– Les curieux – qui, à travers cette technique peuvent découvrir tout un pan de l’existence qu’ils ne soupçonnaient pas. Nul n’est besoin d’être religieux, spirituel, ou de croire aux vies antérieures pour accomplir une régression. Cela fonctionne dès l’instant où un être ouvre suffisamment son esprit.

Il est certain que la régression dans les vies antérieures est une technique qui a fait ses preuves. Il est intéressant de noter que depuis les années 80, elle semble de plus en plus facile à pratiquer et de plus en plus fiable. Toutefois, il existe de nombreuses autres techniques et aides sur le chemin du mieux-être ou de la conscience, propre à toutes les traditions de la Lumière. Il est cependant toujours bon de s’éveiller à toutes les réactions émotionnelles perturbatrices qui nous traversent quotidiennement et d’essayer de nettoyer, d’une manière ou d’une autre, une partie de ces « cicatrices », « samskaras », ou forces qui nous gouvernent contre notre gré.

Selon les Upanishads, les derniers chapitres des Védas, dès que le dernier nœud des samskaras a été dénoué dans le cœur d’un individu, l’état de conscience le plus élevé est perçu. La liberté absolue est alors atteinte « le mortel devient immortel ».

Source : Magazine Essentiel Sept./Oct. 2011